BREGANÇON,
la vigie présidentielle aux airs de carte postale
Les marins de la côte varoise la connaissent par cœur. Perchée sur son îlot rocheux rattachée à la commune de Bormes-les-Mimosas, visible depuis la baie de Hyères comme de la belle plage aux eaux cristallines de Cabasson, elle est ce qu’on appelle un amer. Un point fixe, repère géographique mais aussi repaire symbolique. Le fort de Brégançon, silhouette de pierre et de pins parasols, fait partie de ces lieux dont on connaît le nom sans toujours connaître l’histoire. Pourtant, ce joyau posé entre mer et maquis en a vu passer, du beau monde… et pas seulement des gardes républicains.
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D’un bastion royal à un poste d’observation napoléonienSa position stratégique a depuis longtemps suscité les convoitises : dès l’Antiquité, le site aurait servi de poste d’observation aux Grecs et aux Romains. Mais c’est au Moyen Âge que le lieu prend véritablement de l’importance militaire. Transformé en bastion fortifié par François Ier au XVIe siècle, il devient un maillon défensif essentiel pour surveiller la côte varoise, souvent menacée par les incursions barbaresques. Au fil des siècles, Brégançon évolue au gré des conflits. Remanié sous Napoléon qui y fait installer une garnison, puis modernisé sous le Second Empire, il garde un rôle défensif jusqu’au début du XXe siècle. On y entretient des canons en prévision d’ennemis qui ne viendront jamais, puis il sera progressivement abandonné par l’armée.
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Des présidents en toute décontractionC’est finalement Charles de Gaulle qui, en 1968, a l’idée d’en faire une résidence présidentielle. Il cherchait un lieu discret, sécurisé et... ensoleillé. Pari réussi : depuis, les chefs d’État s’y succèdent en maillots ou en chemises immaculées, entre bains de mer et réunions discrètes. Au cours des ans, on y croise Pompidou et sa Citroën DS, Giscard jouant au tennis, Mitterrand relisant Malraux dans les jardins, ou Chirac en polo Lacoste. L’endroit devient un symbole : un mélange de pouvoir républicain et de farniente à la française. Un peu carte postale, un peu château de la Ve République. Même les touristes, en bateau, ralentissent à son passage, espérant apercevoir un président en tongs. Plus récemment, Emmanuel Macron y a reçu des chefs d’État étrangers, installant Brégançon dans la diplomatie estivale, à grand renfort de photos officielles sur fond de Méditerranée. |
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Aujourd’hui encore, le fort garde son mystère. Accessible au public depuis quelques années — sauf quand le président y séjourne —, il reste un lieu hors du temps. L’histoire, la grande comme la petite, y flotte dans l’air salin. Entre sentiers militaires et fauteuils de jardin, Brégançon continue de raconter, à qui veut l’écouter, l’étonnante métamorphose d’une vieille sentinelle en résidence d’été la plus enviée de France.
Pour visiter le Fort de Brégançon, adressez-vous à l'Office du tourisme de Bormes-les-mimosas


